Envie de bouger, de progresser ou simplement de respirer ailleurs ? Changer d’entreprise en alternance en cours d’année n’a rien d’un faux pas. C’est parfois le meilleur moyen de reprendre la main sur son parcours. Missions décalées, tuteur absent, ambiance pesante ou projet qui évolue : les raisons sont nombreuses et souvent légitimes.
Encore faut-il savoir comment s’y prendre sans interrompre sa formation. Voici les règles, étapes et bons réflexes pour faire de ce changement un tremplin professionnel.
Pourquoi certains alternants envisagent de se repositionner ?
Avant toute démarche, il est essentiel de comprendre leurs motivations :
- Missions inadaptées : les tâches ne correspondent pas aux compétences à acquérir.
- Climat ou management difficile : absence de tutorat, harcèlement ou désorganisation.
- Problèmes structurels : difficultés financières, réorganisation ou cessation d’activité.
- Distance ou transport : envie de se rapprocher géographiquement.
- Évolution du projet professionnel : changement de spécialité ou domaine.
Notre conseil : Avant de quitter votre entreprise, tentez toujours un dialogue avec le tuteur ou le CFA. Si aucune solution n’émerge pas, le changement devient envisageable.
Changer de structure en alternance : les règles à connaître
Contrats et période probatoire
L’alternance repose sur deux types de contrats :
- Contrat d’apprentissage : alternance entre CFA et entreprise, régi par le Code du travail et la formation professionnelle.
- Contrat de professionnalisation : proche du contrat classique, avec obligations de formation pour l’employeur.
La période d’essai en alternance, soit les 45 premiers jours en entreprise, permet de rompre librement le contrat d’apprentissage, sans justification ni formalité. Au-delà, la rupture doit suivre les procédures légales : médiation, notification écrite et préavis minimal.
Pour le contrat de professionnalisation, la période probatoire (généralement 1 mois) offre la même souplesse initiale.
Transfert et limites du contrat
Pour changer d’employeur tout en conservant la même formation, il faut établir un avenant ou nouveau contrat, le déclarer à l’OPCO et obtenir l’accord du nouvel employeur. Le Cerfa n°10103*14 prévoit cette possibilité et certaines règles légales (comme l’article L1224‑1 du Code du travail) peuvent s’appliquer si l’entreprise change juridiquement.
Après la période probatoire, un apprenti ne peut pas rompre seul son contrat sans suivre les étapes légales, sauf faute grave. Les allocations chômage ne sont pas dues en cas de rupture volontaire. L’employeur doit valider la rupture et respecter les clauses contractuelles.
Rupture du contrat d’apprentissage : cas possibles
Le contrat d’apprentissage peut se terminer avant son terme dans plusieurs situations, toujours encadrées par la loi :
| Moment / Situation | Conditions de rupture | Formalités principales |
|---|---|---|
| Période probatoire (45 jours) | Rupture libre par l’apprenti ou l’employeur | Notification écrite au CFA et DREETS, pas de préavis ni d’indemnité |
| Accord mutuel | L’employeur et l’apprenti s’entendent | Notification écrite |
| Démission de l’apprenti | Avec médiation, préavis minimum 5 jours | Notification écrite, rupture effective après 7 jours |
| Obtention du diplôme | L’apprenti informe l’employeur 1 mois à l’avance | Notification écrite, rupture le lendemain des résultats |
| Faute grave ou inaptitude | Apprenti ou employeur en cas de manquement sérieux | Procédure légale selon Code du travail |
| Exclusion du CFA | Licenciement pour motif personnel | Notification écrite et procédure légale |
| Force majeure | Événement imprévisible empêchant l’activité | Notification écrite |
| Décision administrative | Non-respect des obligations légales par l’employeur | Notification par l’administration |
| Risque pour santé ou intégrité | Constaté par inspection du travail / DREETS | Notification officielle |
| Décès de l’employeur | Dans le cadre d’une procédure de licenciement pour motif personnel | Notification et procédure légale |
Réussir sa transition en alternance : le virage à prendre en cours d’année
Voici un plan étape par étape pour réussir ce changement avec le minimum de blocages.
1. Diagnostiquer la situation et confirmer sa motivation
Identifiez clairement ce qui ne fonctionne pas (missions, encadrement, contexte interne) et assurez-vous que votre projet professionnel justifie le changement. N’hésitez pas à consulter votre CFA ou école, qui peut vous conseiller et jouer le rôle de médiateur.
2. Rechercher une nouvelle entreprise d’accueil
Commencez les entretiens avant toute démarche et assurez-vous que le nouvel employeur accepte votre contrat en cours ou propose un nouveau contrat. Obtenez des garanties écrites confirmant le transfert ou la reprise du contrat avec l’OPCO. Ne rompez pas votre contrat actuel tant qu’une solution solide n’est pas en place.
3. Formaliser la rupture ou le transfert
Pendant les 45 jours probatoires, vous pouvez rompre librement par écrit, sans justificatif. Au-delà, suivez ces étapes :
- Saisir le médiateur (pour un apprentissage) ou respecter les règles de démission (pour un contrat de professionnalisation).
- Informer l’employeur par écrit, avec le préavis légal (souvent 7 jours).
- Conclure, si possible, un accord amiable pour simplifier la procédure.
- Informer le CFA, l’OPCO et obtenir un certificat de travail ainsi que le solde de tout compte.
4. Finaliser le nouveau contrat ou avenant
Si le nouvel employeur reprend votre contrat, un avenant précisant l’entreprise, les dates, les missions et les conditions doit être établi. Transmettez-le ensuite à l’OPCO.
Pour un nouveau contrat, faites-le co-signer par le CFA ou l’école et envoyez-le à l’autorité compétente dans les délais légaux.
Vérifiez que la rémunération respecte au minimum votre ancienneté et les barèmes légaux.
5. Assurer la continuité pédagogique
Prévenez votre formateur, école ou CFA pour maintenir la cohérence de votre planning.
Si nécessaire, organisez un passage intermédiaire ou un suivi en autonomie pour éviter tout vide pédagogique.
Enfin, mettez à jour vos documents de suivi : livret d’apprentissage, fiches missions et évaluations.
6. Intégration et suivi dans la nouvelle entreprise
Dès votre arrivée, clarifiez vos missions, objectifs et planning avec votre tuteur.
Maintenez un dialogue régulier pour éviter les problèmes rencontrés précédemment.
Conservez tous les échanges écrits (mails, comptes rendus) pour sécuriser votre position.
Les bons réflexes et erreurs à éviter
- Anticipez la recherche : commencez tôt pour éviter les périodes d’inactivité.
- Respect et transparence : informez clairement votre employeur et négociez votre départ pour préserver votre réputation.
- Documentez tout par écrit : mails, avenants et notifications formelles.
- Ne rompez jamais le contrat sans suivre la procédure : rupture illégale = risques pour vos droits et votre formation.
- Soignez votre communication : gardez un ton professionnel et positif, même en cas de départ difficile.
- Valorisez votre expérience : utilisez le changement comme un atout pour votre parcours et vos futures candidatures. Cette capacité à rebondir et à adapter votre projet peut aussi vous aider à mieux réfléchir à que faire après son alternance, en identifiant les opportunités professionnelles ou les pistes d’évolution qui correspondent à vos compétences.
- Vérifier les aspects réglementaires : selon votre convention collective, des clauses ou préavis particuliers peuvent exister (notamment en professionnalisation).
- Pensez à votre “statut” en cas d’interruption provisoire : selon la réglementation, après rupture de contrat, vous pouvez rester en statut de stagiaire pendant 6 mois en CFA (sans entreprise) pour achever la formation théorique.
Changer d’entreprise en alternance en cours d’année n’est pas un saut dans le vide. Avec une bonne préparation (analyser, anticiper et sécuriser vos démarches), vous pouvez transformer ce changement, parfois difficile mais toujours décisif, en véritable tremplin pour votre carrière.
Prêt à franchir le cap ? Passez à l’action dès maintenant et faites de votre alternance un vrai succès !
FAQ : les questions que se posent tous les alternants
Est-ce possible de changer d’entreprise en alternance ?
Oui, pour un contrat d’apprentissage, il est possible de rompre ou transférer après la période probatoire, puis de signer un nouveau contrat ou avenant avec la nouvelle entreprise en respectant les formalités légales.
Peut-on arrêter un contrat d’apprentissage du jour au lendemain ?
Pendant les 45 premiers jours en entreprise (période probatoire), oui, la rupture est libre. Au-delà, elle doit passer par médiation, préavis et écrit, sauf faute grave.
Peut-on changer d’entreprise pendant son contrat de professionnalisation ?
Oui, mais les conditions de rupture ou de démission sont celles du droit commun, ou précisées par la convention collective. Si vous êtes en période d’essai, la rupture peut se faire sans formalité.
Changer d’entreprise en alternance et salaire : quel impact ?
Changer d’entreprise en alternance n’impacte pas votre salaire : il doit respecter les barèmes légaux ou conventionnels et votre ancienneté.